POUR EN SAVOIR PLUS SUR

L’utilisation de radio-transmetteur intrapéritonéal pour le suivi de jeunes lynx : anesthésie, survie et comportement :

ARNEMO J.M., J.D.C. LINNELL, S.J. WEDUL, B. RANHEIM, J. ODDEN & R. ANDERSEN (1999) Use of intraperitoneal radio-transmitters in lynx Lynx lynx kittens : anaesthesia, surgery and behaviour. Wildlife Biology, 5 : 245-250.

L’utilisation de radio-transmetteur implanté dans la cavité intrapéritonéale a été testée pour le suivi de jeunes lynx en 1997 et 1998 en Norvège. Neuf lynx âgés de moins de 5 semaines ont été capturés, anesthésiés à l’aide d’une combinaison de médétomidine (0.08 mg/kg) et kétamine (5 mg/kg) et ont subi une opération chirurgicale permettant l’implantation d’émetteur de 7 g ou 20g suivant le modèle. Aucune complication ne s’est produite au cours de l’opération. Tous les jeunes ont été à nouveau accepté par leur mère qui les ont transporté dans une nouvelle tanière dans un rayon d’un km. Tous les jeunes ont survécu durant les trois mois qui ont suivi l’opération. Six jeunes ont été ré-examinés 4 à 5 mois après l’opération. Dans tous les cas, les implants étaient libres dans la cavité intraperitonéale. Ces premiers résultats sont encourageants et pourront vraisemblablement être utiles pour l’étude d’autres félidés de taille similaire ou plus importante.


L’utilisation des observations visuelles pour analyser l’habitat et la distribution du lynx pardelle :

PALMA L., P. BEJA & M. RODRIGUES (1999) The use of sighting data to analyse Iberian lynx habitat and distribution. Journal of Applied Ecology,36 : 812-824.

Le lynx pardelle, qui ne subsiste que dans certaines régions d’Espagne et du Portugal, est l’un des félins les plus rares au monde. Son aire de répartition est très morcelée, et le lynx Pardelle Lynx pardinus est le plus souvent présent à faible densité dans des régions montagneuses reculées. Les seules informations sur l’espèce sont des observations visuelles obtenues par enquête. Cette étude a cherché à mettre en relation l’habitat du lynx et la distribution des observations visuelles collectées à l’ouest de l’Algarve (Portugal) entre 1990 et 1995. L’habitat a été décrit par des variables d’environnement, de topographie, de perturbation humaine et d’abondance du lapin, dans des cellules de 25 km², entourant les observations visuelles. Une comparaison a été faite avec d’autres cellules choisies au hasard à l’intérieur de la zone d’étude. Les observations de lynx ont été logiquement associées avec un habitat caractéristique prévisible. La probabilité d’observer le lynx estimée par un modèle de régression logistique a augmenté avec l’abondance du lapin et la proportion de surface couverte par le maquis méditerranéen et a diminué avec la densité des routes et une augmentation du développement agricole. Ce modèle a permis de classer correctement 85.7% des observations visuelles de lynx et seulement 20.7% des cellules prises au hasard ont été mal classées. A partir de ce modèle, une carte prédictive de la présence du lynx pardelle dans l’ouest de la région de l’Algarve a été élaborée. Trois secteurs bien circonscrits de forte potentialité pour l’observation de l’espèce ont été identifiés, correspondants probablement aux noyaux de cette population dans cette région. Cette analyse suggère que les observations visuelles de lynx ont pu fournir une première approximation des caractéristiques de l’habitat et de la distribution du lynx quand les informations manquaient.


Le spectre alimentaire, les proies préférentielles et le taux de consommation du lynx Eurasien dans les montagnes du Jura Suisse.

JOBIN A., P. MOLINARI & U. BREITENMOSER (2000) Prey spectrum, prey preference and consumption rates of Eurasian lynx in the Swiss Jura Mountains. Acta Theriologica, 45 : 243-252.

Six cent dix sept proies découvertes lors du radio-pistage de lynx dans les montagnes du Jura suisse ont été examinées de mars 1988 à mars 1998 pour étudier le spectre alimentaire du lynx, ses proies préférentielles et le taux de consommation des proies. Le chevreuil et le chamois ont été les proies principales (respectivement 69% et 22 % des proies trouvées), puis viennent le renard, le lièvre d’Europe, le chat domestique, le chat forestier, la marmotte, la martre, le grand tétras, et le blaireau. La durée de consommation d’un ongulé a varié de 1 à 7 jours suivant la taille de la proie. Le taux de consommation des lynx mâles, des femelles seules, des femelles avec jeunes a varié de 3.2 à 4.9 kg par nuit, avec une augmentation en fonction de l’âge des jeunes. En incluant les nuits sans consommation de proie (temps entre la fin de la consommation d’une proie et la capture de la proie suivante), le lynx a consommé 2 ± 0.9kg par jour. Le temps moyen écoulé entre la fin de consommation d’une proie et la capture d’une autre proie a été de 1.5-2 jours pour les femelles avec ou sans jeunes, et 2.5 jours pour les mâles. Au total, l’intervalle moyen entre deux captures consécutives a été de 5.9 jours pour les mâles et 5.2 jours pour les femelles. La présence d’un ou plusieurs charognards (renard, grand corbeau ou les deux) a été détectée sur 38% des carcasses. Quoique 69% des proies aient été des chevreuils - contre seulement 22% de chamois -, les auteurs émettent l’hypothèse que dans les forêts des montagnes du Jura, le chamois est plus vulnérable que le chevreuil à la prédation du lynx.


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