LES DONNEES

Au premier semestre 2000, les correspondants du Réseau lynx ont examiné et vérifié 189 données. Vingt huit d’entre elles n’ont pas été retenues, car elles étaient non caractéristiques (8 informations non-confirmées, 5 insuffisamment documentées et 15 douteuses). Les données retenues pour étudier la présence du lynx (données confirmées et probables) ont été collectées pour 81,5 % des cas dans le Massif jurassien (n=131), pour 10.5 % dans le Massif vosgien (n=17) et pour 8 % dans le Massif alpin (n=13). La forte proportion de données obtenues dans le Massif jurassien par rapport aux régions est due pour une part aux proies domestiques plus nombreuses dans ce massif que dans les autres (Massif alpin : n=1, 7.5 % du total des données, Massif jurassien : n=62 , 47% et Massif vosgien : n= 0). Par rapport au premier semestre 1999, le nombre de données collectées a été multiplié par 1.4 dans le Massif alpin, 1.9 dans le Massif jurassien, et est resté stable dans le Massif vosgien. Ces différences inter-annuelles sont néanmoins difficilement interprétables en l’absence de mesure de la pression d’observation.

L’aire de répartition

L’analyse développée actuellement vise à étudier l’évolution de la présence du lynx par période de 3 ans. Il est en effet difficile de pouvoir dresser une cartographie cohérente de la présence du lynx à partir de données collectées durant une seule année. Les données collectées au cours du premier semestre 2000 seront intégrées dans la carte de répartition du lynx pour la période 1999-2001. La carte 1 montre l’aire de présence du lynx établie à partir des données confirmées et probables collectées du 1er janvier 1999 au 30 juin 2000. Cette cartographie provisoire permet à mi-échéance de pouvoir visualiser les secteurs déjà occupés et d’orienter dans les mois à venir les recherches vers les zones forestières non encore occupées.

L’aire de présence du lynx couvre une superficie totale de 2 196 km² répartie en une multitude d’îlots de présence le plus souvent de superficie minimum (81 km2, 9 mailles) localisés dans les cinq départements des Alpes du Nord. Ces îlots de présence ne couvrent qu’une petite portion des grands massifs forestiers comme le Chablais, les Aravis, les Bauges, la Chartreuse ou le Vercors. Une sous-estimation de l’aire occupée est possible. Cette sous-estimation pourrait être liée à la difficulté de découverte des indices dans les Alpes. De nombreux secteurs favorables sont difficilement accessibles, en particulier l’hiver, ce qui ne permet pas la découverte d’indices par des tiers et leur vérification par les correspondants du réseau. En outre, les restes de proies sauvages et domestiques ne sont pas exploitables car rapidement consommés par les charognards. Dans les mois à venir, l’attention des correspondants du réseau doit porter sur l’ensemble du Massif alpin et en particulier dans les vastes massifs forestiers où aucune donnée n’a été recueillie depuis un an et demi (Bauges, extrémité nord du Vercors dans le département de l’Isère, le quart Sud-Est du département de la Drôme).

L’aire de présence du lynx couvre une superficie totale de 5 463 km². Au sud de la latitude de LONS-LE-SAUNIER (39), elle forme une aire compacte et massive d’une superficie de 4194 km², couvrant la quasi totalité des massifs montagneux et forestiers. En revanche, au Nord de la latitude de LONS-LE-SAUNIER (39), l’aire de présence du lynx est morcelée et discontinue. La présence a été notée dans la vallée de la Loue (25), la vallée du Dessoubre (25), à l’extrême Ouest des Monts du Lomont (25), dans la région de Beaucourt (90) et dans le Sundgau (67). Dans les mois à venir, l’attention des correspondants devra porter principalement sur les secteurs suivants : les régions d’Echallon (01), d’Aranc (01), du Grand-Colombier (01), de l’extrême Sud du Bugey (01), des forêts des Moidons (39), de la Joux (39) et d’une façon générale sur l’ensemble du département du Doubs.

L’aire de présence du lynx couvre une superficie totale de 1 719 km². Elle forme une aire continue sur le versant Alsacien des Vosges moyennes et du Sud. En revanche, au Nord et à l’Ouest de cette aire de présence compacte, la présence du lynx a été notée de façon isolée dans la région de SAVERNE (67) et de BAINS-LES-BAINS (88). Ces deux îlots de présences sont situés dans le prolongement forestier des Vosges moyennes et du Sud. Dans les mois à venir, l’attention des correspondants devra porter plus particulièrement sur les versants Franc-comtois et Lorrain du Massif vosgien mais également sur le versant Alsacien au Nord de la latitude de Strasbourg, dans les Vosges du Nord (67) et la région de Wangenbourg-Engenthal (67).


La prédation sur le cheptel domestique

Soixante trois cas de prédation de lynx sur le cheptel domestique (données confirmées ou probables) ont été enregistrés, au cours du premier semestre 2000 (Tableau III), soit une augmentation de 128.5 % par rapport à 1999 pour la même période (n=49). Cette évolution du nombre de dommages est due essentiellement à l’augmentation des attaques dans le département du Jura (1999 : n=34, 2000 : n=53), et plus précisément dans un secteur de 11 000 ha situé entre les vallées de l’Ain et de la Valouse (1999 : n=9, 2000 : n=38). Dans ce secteur, deux exploitations situées sur les communes de CHEMILLA et CERNON ont subit en 2000 respectivement 25 et 9 attaques (Tableau IV). Le MATE a autorisé le 23 juin dernier, la destruction par tir d’un lynx dans cette région pour prévenir de nouveaux dommages (cf. la rubrique " la vie dans les réseaux départementaux ").


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